Marie au pays des lamas

Photo Lac Titicaca

Lac Titicaca

Avec un mois de retard certes… mais il vaut mieux tard que jamais!

Il y a deux façons de visiter le visiter le lac Titicaca : côté Bolivie et côté Pérou. Avec Papa et maman, nous avons eu la chance de faire les deux, et nous vous confirmons que les deux n’ont aucun rapport !

Nous avons commencé par la Isla del Sol en Bolivie, au départ de Copacabana. La charmante ville de Copacabana, sur les bords du lac nous a surprises par son folklore.

C’est de là qu’on prend un bateau pour la Isla del Sol. Après 3 heures de bateau (et oui le lac est grand… ou serais-ce le bateau qui est vraiment lent ?), on arrive au nord de Lille. Loin de l’agitation touristique péruvienne, c’est aussi que commence notre randonnée (à 4000 mètres d’altitude) pour rejoindre le sud de l’île. Mais avant cela, nous montons dans l’extrême nord accompagné d’un guide où nous contemplons des pierres sacrées où serait nait le Soleil et la Lune… Les pierres nous laissent perplexes, mais nous sommes fascinés par la vue que nous offre ce site sur le lac. Nous sommes ensuite sacrés fils et filles du Soleil avec l’eau bénie du lac, ce qui doit nous donner de la force pour la marche qui nous attend. 

Après 3 heures de marche au milieu des lamas avec vue panoramique sur le lac Titicaca, nous arrivons au sud de Lille, touristiquement beaucoup plus développé. Nous optons pour des chambres écolos au bord du chemin. Petite bière, coucher de soleil, excellent repas et un repos bien mérité. Retour dans la matinée à Capacabana, où nous débarquons au milieu d’une fête traditionnelle riche en couleur.

Voila en gros pour la partie Bolivie. Un voyage reposant et sportif. Passons maintenant à la partie péruvienne côté Pérou. Les Islas Uros au départ de Puno. Les Islas Uros  sont des îles artificielles, complètement construites en roseaux. A l’origine, ces îles ont été construites par les civilisations préinca qui voulaient échapper à la conquête inca, ensuite par les incas pour échapper aux espagnols, et enfin, par Fujimori dans les années 90, qui voyait en elles un attrait touristique indéniable.

Effectivement les îles sont magnifiques. Tout n’est que roseau à perte de vue. Pourtant la façon dont le tourisme a été développé à de quoi dégouter plus d’un voyageur. On se sent plus que jamais des portemonnaies sur patte, et les locaux ne cherchent qu’à nous vendre leur artisanat soit disant fait sur l’île. Certaines personnes (moi comprises) ont même de gros doutes sur le fait que les habitants vivent vraiment sur ces îles ou ne viennent que la journée, se prétendant locaux pour accueillir les touristes.

Il serait toutefois dommage de n’en garder qu’un souvenir négatif, car la beauté de ce petit monde flottant vaudra toujours le détour.

Le Surf!!!

Habiter à Lima sans faire de surf, ce serait un peu comme habiter à Paris sans manger de baguettes…

Les liméniens sont férus de glisse… quand ils sont pas sur leur planche de surf, ils sont sur leur planche de skate! 

Habitant à 15 minutes de la plage, je n’avais donc aucune excuse, il fallait que je tente l’expérience! Pour ne pas vous mentir, la première fois a été un désastre… comme toutes les premières fois! ça parait si facile en regardant les autres… mais c’est finalement loin de l’être.

Toutefois j’ai décidé de ne pas me laisser abattre! J’aime les sports de glisse et je suis un vrai dauphin… le surf était donc fait pour moi! =)

Je me suis donc inscrite dans une école de surf avec Hélène (une de mes colloc) et nous avons commencé à prendre des cours. ça fait maintenant deux mois que je surfe, et je dois vous dire que je m’éclate comme une petite folle! Bien sur je bois la tasse et je me prends des coups, mais ces petits désagréments sont toujours oubliés quand je prends une belle vague en criant Youhouuuu!!!!

Tout ça pour dire que je suis absolument ravie de cette découverte et que j’envisage d’emménager à Biarritz dès mon retour en France…

Get ready for the earthquake!

Entre deux articles de voyage, revenons un peu à ce qui se passe à Lima! Jeudi dernier nous avons eu une simulation de séisme dans toute la ville. Je vous laisse imaginer le bordel de ce genre d’évènements dans une métropole de 12 millions d’habitants, où la population n’est pas connue pour être particulièrement bien organisée…

Pourquoi cette simulation? Comme vous le savez peut-être, la capitale péruvienne est située sur la “ceinture de feu du Pacifique”, qui concentre environ 85% de l’activité sismique terrestre. Dans son histoire la ville a d’ailleurs été détruite et reconstruite à de nombreuses reprises. Cela fait maintenant presque 50 ans que la ville n’a pas connu de gros tremblement, et cela ne présage rien de bon…

Les scientifiques pensent qu’un énorme séisme se prépare et il pourrait bien arriver avant la fin de l’année. Les prévisions sont de 50 000 morts et des dégâts incalculables. Alors forcément, on ne peut pas s’empêcher d’y penser un peu…

Je vous avoue que personnellement je ne crois pas trop pour ma vie et je vous demande d’en faire autant. Ce qui me tracasse plus l’esprit ce sont ces dizaines de milliers de personnes qui vivent dans les bidonvilles (dont les 3/5 se trouvent dans des zones à risque). Et personne ne fait rien!

Comment peut-on laisser les Liméniens vivre tranquillement leur vie, en sachant que d’un jour à l’autre tout peut être ravagé? Il faut bien comprendre que Lima c’est 1/3 de la population péruvienne et 50% du PIB. Si Lima est détruite, c’est le Pérou entier qui tombe. Plus j’y pense et plus je me dis qu’à part de la prévention il n’y a rien à faire… On ne va pas faire évacuer la ville!

Et pourtant cela me rend malade de me dire qu’un jour cela va arriver, que tous ces gens vont mourir, qu’on le savait depuis des mois, et que pourtant on a rien fait. 

On retrouve ici cet état d’esprit typiquement péruvien qui consiste à vivre au jour au jour sans jamais penser au lendemain. Et moi je ne sais pas si je dois les blâmer ou les admirer…

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/06/01/la-capitale-peruvienne-se-prepare-a-un-tremblement-de-terre-geant_1710982_3222.html

Macchu Pichu

Un nom qui en fait rêver plus d’un. La cité perdue des Incas. On se demande s’il existe vraiment et même le jour où il nous apparait sous les yeux, lorsque la brume du matin se dissipe et laisse apparaître les ruines au milieu d’une jungle montagneuse, on se demande encore s’il est réel ou pas. Et puis lorsque que le soleil brille complètement et qu’on l’on descend entre ses murs, qu’on marche sur ses pierres, on se rend compte qu’on y est pour de vrai.

La visite du Macchu Pichu nous fait prendre conscience de l’ampleur du génie architectural Inca. Construire des terrasses, des sanctuaires, des maisons, dans un paysage aussi peu propice à la construction inspire le respect. D’un autre côté, la visite du Macchu Pichu lui fait en quelque sorte perdre son côté mystique. Plus que les bâtiments en eux-mêmes, ce qui rend pour moi ce site fou c’est  sa localisation au milieu d’une jungle luxuriante, perché au milieu des montagnes. Comment les incas ont-ils pu construire une telle merveille au milieu de nul part, dans un endroit où la nature semble totalement dominer l’homme ?

Les questions restent nombreuses sur sa fonction et sa date de construction. Chaque guide vous donnera une explication différente, ce qui rajoute une dimension à son mystère. Site plus touristique du continent, les entrées sont limitées à 2500 par jour, ce qui fait tout de même presque un million par an. En arrivant tôt le matin on peut avoir la chance de le découvrir sans les centaines de petites têtes (principalement américaines, japonaises et françaises) qui se baladent entre les murs. 

Vallée Sacrée (1)

La Vallée sacrée des incas

Considérée comme sacrée pour sa fertilité par les incas, elle guide les touristes de Cusco au Machu Picchu et regorge de trésors. Il y fait bon s’y attarder quelques jours avant de prendre le chemin de la cité perdue.

Nous avons eu la chance de tomber sur un chauffeur de taxi merveilleux (Eugenio de son prénom), prof à la retraite d’histoire et de culture péruvienne, qui a fait preuve d’un grand zèle en nous servant de guide pendant trois jours. Une des plus belles rencontres du voyages.

Chinchero, Moray, les Salineras

Le marché dominical de Chinchero, c’est une bonne dose de folklore dès le matin. Les paysans des différentes communautés déposent leurs outils pour quelques heures et viennent vendre leur artisanat dans cette ambiance typiquement andine. Au dessous de la place du marché se trouvent des ruines incas (ou plutôt « vestiges archéologiques » car selon Eugenio ce n’est pas la même chose…). Les explications passionnantes de notre guide nous font peu à peu comprendre comment s’organiser la vie de l’époque.

A Moray, Les immenses terrasses (quasiment sorties de l’espace) nous coupent le souffle. Elles avaient été construites et utilisées par les incas comme laboratoire agricole (ils étaient tout de même sacrément intelligents ces incas…)

Les Salineras servent elles à récupérer le sel qui descend des eaux de la vallée. Site qui lui aussi vaut le détour simplement pour sa beauté.

Cusco ou Cuzco (ou Kuzco?)

Pour moi aussi il y a quelques mois, Cusco n’avait qu’une seule signification…

Et pourtant, Cusco est avant tout une ville, capitale de l’empire Inca qui régna sur une grande partie de l’Amérique du Sud pendant quelques siècles. Cusco signifie « nombril » en Quechua, et effectivement c’est un peu le nombril de tout un monde. J’ai eu l’occasion de la visiter la semaine dernière avec mes doux parents, de passe au Pérou pour raisons familiales…

J’avais peur d’être déçue par cette ville (la plus touristique du continent) qui semblait promettre tant de choses à ses visiteurs. J’y ai en fait trouvé une ville au charme infini au milieu des montagnes. Une Plaza des Armas splendide, des petites ruelles où on voudrait se perdre pour toujours, des gens charmants et une gastronomie pour le moins surprenante. Comparé à l’agitation de Lima, le calme des rues m’a fait un bien fou. Le climat est lui aussi complètement différent : sec, ensoleillé et frais (voir très frais pendant la nuit). Les touristes sont certes présents mais n’altèrent pas l’ambiance très folklorique de la ville. Les cusqueniens aiment descendre dans la rue, que ce soit pour un festival ou une manifestation. Les gens sont plus typés qu’à Lima et parle un espagnol beaucoup posé et calme. L’architecture est un mélange surprenant de vestiges Incas et de bâtiments coloniaux. Nous avons été tous les trois conquis par la ville et avons décidé d’y établir notre quartier général pendant une semaine.

La comida peruana

Ahhhh la cuisine péruvienne ! La cuisine est quasiment une religion au Pérou. La nourriture doit bien être le centre d’intérêt 70% des liméniens. C’est bien simple, la plupart des étudiants que je connais font des études de cuisine. Il y a un véritable pôle d’excellence qui est en train de se développer à Lima. Les étudiants viennent de toute l’Amérique Latine pour étudier dans ces universités.

Il y a pourtant une quinzaine d’année (ça fait 25 ans que je vis au Pérou…) on trouvait essentiellement de la nourriture internationale et il fallait se lever de bonne heure pour manger dans un bon restaurant péruvien. C’est dans ce contexte qu’est apparu Gastón, grand chef péruvien, qui a redonné ses lettres de noblesses à la cuisine de son Pays. Depuis, les restaurants gastronomiques poussent comme des petits pains et Gastón est presque considéré comme un demi-dieu.

Les principales spécialités sont :

Le Ceviche (poisson cru mariné dans du citron)

Le Cuy  ou Cochon d’inde (pas un cochon qui vient d’Inde mais bien un cochon d’inde !). On vous fera croire que c’est le meilleur viande du monde, mais en voyant la pauvre bête dans l’assiette votre appétit disparaitra bien vite…

Et en boisson :

Le Pisco Sour… surement l’un des meilleurs cocktails du monde, fait à base de Pisco (la liqueur péruvienne), de jus de citron et de blancs d’œuf battus en neige.

L’Inca Kola, le Coca Cola local en beaucoup moins bon, mais comme les péruviens ne font jamais rien comme tout le monde, il a fallu qu’ils aient leur propre boisson, véritable fierté nationale ! Le Pérou est le seul pays du monde où le Coca n’est pas le Soda le plus consommé !

Le sentier lumineux

Loin de moi l’idée de vous donner un cours d’histoire, mais ce sujet semble tellement marquer la mémoire collective péruvienne qu’il mérite un article.

Dans chaque cours, chaque musée, chaque exposition, j’entends parler du sentier lumineux. Le « sendero luminoso » en espagnol est un groupe terroriste communiste qui a fait régner la terreur sur le Pérou pendant près de 20 ans. Eradiqué par le gouvernement Fujimori  (dans une violence tout aussi condamnable que celle des terroristes), ce mouvement a marqué l’époque la plus sanglante du Pérou depuis la colonisation.

Crée par un professeur de philosophie, le sentier lumineux a pris son élan avec la révolution cubaine et le succès du maoïsme. Au début des années 80, le mouvement est devenu populaire auprès des étudiants et des paysans qui vivaient presque tous dans une extrême pauvreté. Au fil des mois la lutte armée est devenue d’une violence inédite. Le sentier s’attaquait principalement aux policiers et autorités municipales et le gouvernant y prêtait peu d’attention devant tous les problèmes économiques auxquels était exposés le pays. Le sentier a gagné en pouvoir et en notoriété, les quelques assassinats devenant des tueries sanglantes.

Ce n’est que quand Alberto Fujimori est arrivé au pouvoir en 1990 que le gouvernement a pris le problème en main. Le président a décidé de traquer les terroristes à la manière des terroristes. Cela a fonctionné. Mais la fin justifie-t-elle les moyens ? Peut-on accepter qu’un gouvernement fasse ainsi torturer, assassiner des centaines de civiles sous prétexte qu’ils appartiennent PEUX ETRE au sentier lumineux ?

Que ce soit par le sentier lumineux ou le gouvernement, ce ne sont pas loin de 70 000 péruviens qui ont été assassinés ou ont disparu entre 1980 et 2000. Des milliers de familles vivent encore dans l’espoir qu’un jour, un de leurs enfants disparus réapparaitra.

Aujourd’hui le sentier lumineux ne rassemble plus que quelques adeptes dans la montagne et ne représente plus une menace pour la société. Toutefois, cette période noire de l’histoire du pays représente un véritable devoir de mémoire pour la population, à la fois à la mémoire des disparus et pour que cela ne se reproduise jamais.